Mani , et
Mani, c’est ainsi qu’on m’a appris à appeler ma grand-mère paternelle, était une femme exceptionnelle à plusieurs points de vues. Elle était certes, ma grand-mère,je l’aimais et je l’aime infiniment encore. Tout le monde ne l’appelait pas Mani comme nous ! Papa et tous mes oncles l’appelaient Y'eu, et très rarement Yema . Les Voisins l’ont appelée longtemps Elaa Z’hor, puis après son pèlerinage ELaaEl Hadja. Baba sidou lui l’appelait rarement, avant le hodj. Il l’appelait « Ya’ouw »! Jamais je ne l’ai entendu l’appelait Z'hor ! Très longtemps de mémoire d’enfant je croyais que c’était la façon qu'avait grand pére de câliner grand-mère en l’appelant ainsi.
Mon pére lui ,appelait ma mére :’mon cœur, mon âme ou mon soleil ’ . J’avait pensé d’abord que Ya'ouw! était le prénom de ma grand-mère ensuite j’ai cru que cela voulait dire « "Chéri e! ". Plus tard j’avait compris. J’avais compris que cela ne se faisait pas qu’un homme comme Babassidou appelle sa femme par son prénom devant tout le monde. Non, qu’il eu honte de nous, mais que c’était une habitude d’une époque qui me semblait, à moi antérieure. Après le hodj . Babassidou appelait ma grand-mère « EL Hadja » ! Il le disait d’une voie haute et clair avec beaucoup de respect pour Mani, c’était presque révérenciel.
De mes souvenirs d’enfant à mes certitudes d’adultes, Mani donnait l’impression de tout savoir, rien ne lui échappait, rien ne lui était impossible. Elle ne savait ni lire ni écrire, car elle n’avait jamais appris, Elle a appris à faire de la couture en jouant à la poupée, elle était devenue une grande couturière. Elle reconstituait tous les modèles qu’elle voyait. La couture n’a jamais été son travail, mais quand les temps étaient durs, elle a aidé mon grand-père à subvenir aux besoins de la famille. Elle avait toujours été très discrète à ce sujet. Elle avait toujours habité un appartement à la terrasse d’un immeuble de Belcourt. Sur le stah elle avait deux grands pots de fleurs , l’un où était planté un rosier sauvage , « El ward El berhouche » ceux qui sentent si bon, le second contenait un arbuste de jasmin, très prolifère.
Mani était comme toutes les algériennes ; une femme pratiquante elle a toujours fait sa prière. Elle allait au djamaâ ,les vendredi et aux taraweh du rammadan. Pour aller à la mosquée, Mani portait des robes longues toutes blanches, sur son serroual d’algéroise. Elle se couverait la tête d’un foulard qu’elle recouvrerait d’un châle, toujours blancs, immaculés de blancheur. Elle se parfumait d’un parfum léger.
Les soirées chaudes, Mani emportait avec e elle, au taraweh sa Kezdéra pleine d’eau glacée, qu’elle parsemait de quelques fleurs de jasmin. Elle était si contente de nous dire en rentrant après les taraweh, et que la soirée familiale commençait, que tout le monde a encore une fois a apprécié son eau au jasmins. Tout le monde appréciait tout ce que Mani faisait .
Oui de mes profonds et très ancrés souvenirs L’eau de Mani , ces soirées chaudes du ramadan, était exceptionnelle, tout comme Elle même l’était. D'elle; Mani !je me rappelle le parfum frais de la rose sauvage d’Algérie !
Reposez en paix, Badassidou et Mani , Je vous aime tant !
Toute ma gratitude pour m’avoir fait aimer passionnément L’Algérie !